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LEGGO, un catalyseur du développement des filières de légumineuses à graines pour l’alimentation humaine, dans le Grand Ouest

La Bretagne, le Centre Val-de-Loire, les Pays de Loire et la Normandie : telles sont les quatre régions du territoire d’action de LEGGO (Légumineuses à Graines du Grand Ouest), une association créée en mai 2020. Son objectif : contribuer au développement des productions de pois, féverole, lupin, lentilles, pois chiche, soja, haricots…sur ce territoire. Elle accompagne ses adhérents- des acteurs économiques- du champ à l’assiette afin qu’ils puissent développer des courants d’affaires.

Comment est né ce projet ?

Le projet est né d’une prise de conscience collective, en 2019, et d’un besoin de rencontre de l’offre et de la demande en protéines végétales, dans le contexte EGALIM et du menu végétarien pour les cantines notamment. Les Chambres d’agriculture ont donc saisi cette belle opportunité de développement des filières, en portant ce projet d’association. Son ambition : mieux connecter l’amont - les producteurs- avec l’aval, pour que les industriels et la restauration collective puissent s’approvisionner en légumineuses plus locales.  

Comment fonctionne l’association ?

LEGGO repose sur une dynamique impulsée par nos adhérents, qui s’engagent à apporter leur expertise sur les réflexions collectives. Au total, plus d’une cinquantaine d’acteurs économiques ont rejoint LEGGO. Ces derniers sont répartis dans 5 collèges : producteurs, organismes de collecte, de stockage et fournisseurs amont, transformateurs, distributeurs, et enfin, restaurateurs. En parallèle, LEGGO s’est entouré d’une vingtaine de structures et d’organisations, qui traitent du sujet des protéines végétales et des légumineuses. Pôles de compétitivité, recherche, syndicats de restauration… ils font partie du comité scientifique et technique de LEGGO et viennent nourrir les réflexions et actions de notre collectif.

Quelles sont les premières actions concrètes de LEGGO ?

L’accompagnement des adhérents par LEGGO est très large, tant du point de vue agronomique que commercial. Nous avons commencé par défricher les attentes des utilisateurs des légumineuses, que ce soit des chefs cuisiniers ou encore des consommateurs. Une étude a été menée pour comprendre leurs freins et leurs motivations à l’achat de légumineuses. En parallèle, une étude menée par Terres Inovia a pu mettre en avant le potentiel agronomique des légumineuses à graines dans les différents terroirs du Grand Ouest. Ces études ont été diffusées à nos adhérents au travers de webinaires et de supports mis à leur disposition.

Qu’a fait LEGGO pour susciter des projets autour des légumineuses ?

La force de LEGGO est sa capacité à mettre en réseau les acteurs entre eux et de leur apporter des réponses à leurs questions, même très techniques. Ainsi, depuis sa création, LEGGO a mené divers chantiers (portes ouvertes, rencontres, conférences, site internet) pour apporter des éclairages nécessaires pour nos adhérents sur le sujet des légumineuses et communiquer sur le collectif. Par exemple, nous avons proposé à nos adhérents un cahier d’idées de produits à base de légumineuses pour différents marchés, en septembre 2021. Il s’agit de concepts innovants, des propositions de recettes et de solutions packaging. L’objectif est de susciter l’innovation dans les entreprises. Parmi ses idées, sept sont à destination de la grande distribution et trois de la restauration.Un signe fort de cette dynamique reste les investissements réalisés par nos différents adhérents dans leurs unités de production pour le développement des légumineuses.Un axe majeur que nous travaillons depuis quelques mois est la contractualisation dans la filière. Nous organisons des webinaires thématiques et des groupes de travail, pour alimenter la réflexion collective sur ce sujet.

D’autres actions à venir pour développer les légumineuses dans le Grand Ouest ?

Deux conditions de réussites sont identifiées pour le développement de filières de légumineuses sur notre territoire : l’acceptation à produire de la part du producteur et le consentement à payer pour le consommateur.
LEGGO accompagne, dès cette année, des groupes d’agriculteurs adhérents avec l’organisation de visite en bout de champ dans le Morbihan. Ces parcelles vitrines de légumineuses sont réalisées avec de multiples partenaires (semenciers, acteurs économiques des filières et du territoire).
Pour la restauration collective, nous travaillons actuellement sur un guide d’achat pour valoriser les légumineuses dans les marchés publics. Nous proposerons également un cahier de recettes. Il pourra aider les adhérents à structurer une offre sur les légumineuses.
LEGGO est lauréate de France Relance, et, dans ce cadre, des diagnostics sur divers marchés sont donc en cours (attentes des seniors…).

Et, enfin, si on devait résumer le projet LEGGO ?

LEGGO, c’est un centre de ressources, une boîte à outils et un facilitateur pour apporter les conditions nécessaires aux différents acteurs pour structurer les filières de légumineuses. Une association qui avance grâce à ses adhérents avec de nouveaux projets tous les jours.

Pour en savoir plus

https://www.leggo-asso.fr/

Médaille Chevreul 2022 : Marie-Caroline Michalski

La médaille Chevreul a été décernée à Marie-Caroline Michalski (Directrice de Recherche INRAE, Laboratoire CarMeN, Lyon) par la SFEL (Société Française pour l'Étude des Lipides), pour l'excellence de ses travaux scientifiques menés au cours de ces dernières années dans le domaine de la nutrition humaine et des lipides.

Un polar au salon de l’agriculture

Pour les habitués du salon de l’agriculture adeptes de polars, la collection L’Aube noire vient de publier le roman Signe de terre de Yves Hugues. Au menu : un meurtre dans les allées du SIA, un cadavre quelque peu « entamé » par la bien nommée truie Goulue qui a passé la nuit en sa compagnie dans son enclos. Un roman noir qui vous entraîne dans les coulisses romancées du SIA, et vous feront désormais voir le salon d’un tout autre œil.

Signes de terre, de Yves Hugues, ISBN 978-2-8159-4843-2 ; 17,90 €

Innovation : un partenariat entre Terres univia et Euralimentaire

Terres Univia, l’Interprofession des huiles et protéines végétales, vient de conclure un nouveau partenariat avec Euralimentaire. Cet incubateur de start-ups œuvre pour le développement d’entreprises innovantes et d’emplois dans le secteur de l’alimentation sur le territoire de la Métropole Européenne de Lille.   

Le choix d’Euralimentaire a été motivé pour la force de son réseau dans le secteur agroalimentaire, son expérience dans l’accompagnement et le suivi des acteurs, sa proximité avec les acteurs locaux de la Métropole Européenne de Lille et sa motivation à collaborer avec Terres Univia. Pour Laurent Rosso, directeur de Terres Univia, l’Interprofession a l’ambition de « détecter les start-ups qui travaillent sur nos thématiques, notamment sur les légumineuses, et les accompagner dans leur développement afin de construire des filières pérennes et d’offrir de nouveaux débouchés à nos graines. Le partenariat avec Euralimentaire prend dans cette optique tout son sens ! Être partenaire d’Euralimentaire nous permet également de suivre l’écosystème d’innovation, ses tendances émergentes et de pouvoir identifier les besoins des entreprises de l’aval de notre filière. ».  

Euralimentaire accompagnera le lauréat du concours Cap Protéines Challenge, organisé dans le cadre de Cap Protéines, le volet de recherche, développement, innovation et transfert du Plan Protéines. Cap Protéines Challenge a pour ambition de faire émerger des idées et des solutions pour répondre aux défis actuels autour des protéines végétales : l’autonomie protéique de la France pour contribuer à une alimentation saine et durable. 

GERLI : Appel à candidature pour le prix de thèse 2022

L'appel à candidature pour le prix de thèse du GERLI (Groupe d'Étude et de Recherche en Lipidomique) est toujours ouvert. Comme chaque année, un prix de 1 500 € récompensera un travail de thèse réalisé dans un laboratoire français dans le domaine des lipides et soutenu en 2021.

En association avec la SFN (Société Française de Nutrition), est également proposé un second prix de thèse SFN-GERLI "Lipides et Nutrition" d'un montant de 1 500 €. Le ou la lauréat(e) du prix sera invité(e) à rédiger un article en Français à paraître dans les Cahiers de Nutrition et de Diététique.

Les lauréats recevront leurs prix et seront invités à présenter oralement leurs travaux lors du 17e Congrès International de Lipidomique du GERLI qui aura lieu à St Jean-Cap Ferrat du 6 au 9 novembre 2022.

La date limite de candidature est repoussée au 15 mai 2022.

Pour plus d'information et dépôt des candidatures :

https://www.gerli.com/prix/prix-de-these-du-gerli/

DANS LE RETRO - Origine des stérilités mâles et des variétés hybrides de tournesol en France et dans le monde

Par : Bernard (Jean-Marie) VIVIER, INRAE – Agri-Obtentions, Clermont-Ferrand, France (retraité)

"L’huile alimentaire la plus utilisée jusqu’en 1970 en France était l’huile d’arachide importée. Au début des années 60, le gouvernement a pris la décision de développer des espèces oléagineuses métropolitaines, qui remplaceraient à terme les importations d’arachide, et a demandé à l’INRAE de conduire des programmes de Recherche et Développement colza et tournesol. Cette dernière espèce n’était pas cultivée en France, excepté dans le Sud Est sur de très petites surfaces, essentiellement pour les oiseaux (Gris Strié de Provence) et dans des jardins pendant la guerre pour parer au manque d’huile. A cette époque, la culture du tournesol était très importante en URSS, principalement dans le sud de la Russie et en Ukraine, avec des variétés population qui avaient été sélectionnées pour leur richesse en huile par V. PUSTOVOIT à Krasnodar.

Découverte de la stérilité mâle génique

Simone LENOBLE, en charge du programme tournesol à Clermont-Ferrand, prit contact avec l’institut russe (VNIIMK) à Krasnodar pour importer des échantillons des différentes variétés, en collaboration avec l’association des multiplicateurs de semences oléagineuses (USGOS/AMSOL) et le CETIOM (aujourd’hui Terres Inovia) pour les produire, expérimenter et vulgariser à grande échelle. En 1962, les premiers échantillons ont été cultivés en pépinière pour les comparer et dès cette année il a été observé une plante qui n’avait pas de pollen : elle était mâle stérile. La probabilité de trouver un tel type est extrêmement rare, comparable à certaines découvertes en recherches médicales.

Cette plante mâle stérile ne présentait aucune coloration particulière (on disait « verte »). Dans la pépinière il y avait une ancienne variété française appelée Nain Noir qui présentait une coloration rouge sur les tiges, pétioles et bord des feuilles. Son pollen a servi pour féconder la plante mâle stérile. Les graines issues du croisement ont été semées en serre en Octobre 1962. Les plantes, à la levée, étaient toutes colorées (« rouge »). Ce caractère était donc supposé dominant.

En février 1963 j’ai intégré le laboratoire tournesol à la station INRAE de Clermont-Ferrand et nous avons observé à la floraison que la totalité des plantes produisaient du pollen (mâles fertiles) et elles ont été autofécondées par ensachage des capitules. Nous avons semé les graines produites au printemps 1963 et à la floraison, les ¾ des plantes qui étaient « rouges » étaient également mâles fertiles et le ¼ de plantes « vertes » étaient toutes mâles stériles (ce qui suivait loi génétique de Mendel). Les deux caractères étaient génétiquement liés très fortement On venait de découvrir la stérilité mâle, dite génique, du tournesol, marquée par la présence ou absence de coloration rouge (Leclercq, 1966). Cependant, le caractère de stérilité mâle est génétiquement récessif et on ne peut pas obtenir une descendance entièrement mâle stérile. Pour permettre un croisement avec une autre lignée, afin de produire un hybride homogène, un travail d’élimination des plantes « rouges mâle fertile » était nécessaire. De nombreuses variétés russes et bulgares ont servi de parents mâles pour féconder ces plantes mâles stériles. Pour permettre des travaux de sélection et recherche à plus grande échelle, deux techniciens furent recrutés.

La première variété hybride de tournesol

Les essais comparatifs au champ pour le rendement et la teneur en huile ont abouti à l’inscription au catalogue officiel du 1er hybride mondial en 1970 appelé INRA 6501. A cette même époque, la station INRAE de Montpellier a inscrit la variété population ISSANKA.

La culture commerciale du tournesol en France avait démarré vers 1968 avec les variétés populations importées d’URSS par l’USGOS/AMSOL et vulgarisées par le CETIOM/Terres Inovia. La production d’INRA 6501 et les essais de nouveaux croisements ont été assurés par la collaboration entre l’INRAE et des établissements semenciers implantés dans les régions à climats adaptés au tournesol : la Limagne, la Vallée du Rhône, l’Ouest et le Sud Ouest.

Les différentes cultures et les contrôles de pureté de semences ont permis de déterminer les distances d’isolement nécessaires, la pollinisation étant assurée essentiellement par les abeilles qui pouvaient butiner à un kilomètre ou plus de leur ruche.

La multiplication du parent femelle nécessitait de semer très dense et d’éliminer les plantes « rouges » dans les rangs désignés femelles sur lesquelles on récoltait les semences, et les plantes vertes dans les rangs désignés mâles, qui fournissaient le pollen, ce qui demandait un énorme travail de main d’œuvre et de même pour les femelles en production de l’hybride commercial.

Obtention d’une stérilité mâle cytoplasmique

En parallèle, sous la direction d’André CAUDERON, Patrice LECLERQ, qui succédait à Simone LENOBLE partie à LUSIGNAN (86) pour s’occuper des plantes fourragères, continuait les recherches, réalisant des croisements interspécifiques en pépinière entre Helianthus annus, le tournesol cultivé et des espèces voisines sauvages dont des échantillons avaient été fournis par le scientifique américain, C.HEISER.,

D’un de ces croisements entre l’espèce sauvage Helianthus petiolaris et Helianthus annuus, il a obtenu une stérilité mâle cytoplasmique (un caractère déterminé par le cytoplasme avec une hérédité maternelle). Publié par Leclercq (1969), cette stérilité mâle donnent des descendances dont 100% des plantes ne produisent pas de pollen et ainsi permet une production de semences hybrides simplifiée. Les parents mâles devaient porter un gène qui restaure la fertilité mâle des hybrides et qui a été trouvé chez plusieurs espèces d’Helianthus (Kinman, 1970, Leclercq, 1971). Le premier hybride mondial cytoplasmique, inscrit sur le Catalogue français en 1973 s’est appelé RELAX pour évoquer la facilité du travail.

Cette stérilité mâle cytoplasmique, distribuée sans brevet, toujours utilisée librement et très largement à travers le monde, a permis de donner un énorme essor au tournesol peu valorisé dans beaucoup de pays jusque-là (Vear, 2010). Cet essor fut porté aussi par des pionniers de la vulgarisation et de la mécanisation.

Conclusion

Ces  découvertes de stérilités males chez le tournesol ont rendu possible l’obtention de variétés hybrides homogènes en précocité et en taille en comparaison avec les variétés populations, simplifiant les interventions agronomiques. Elles ont rendu possible aussi un progrès plus rapide en sélection pour des caractères tels que les résistances aux maladies ou les qualités d’huile qui peuvent être fixés dans des lignées parentales (Vear 2016). Elles sont la base de nombreux programmes de sélection développés en Europe, en Amérique du Nord et du Sud et plus récemment en Asie..

La culture de cette espèce est toujours promise à un bel avenir car elle est peu exigeante en intrants, tolérante à la sécheresse et elle permet de produire plusieurs types d’ huile de qualité très recherchée par les consommateurs.

 

Références

Kinman ML. 1970. Letter to Participants. Proc 4th Int Sunflower Conf, Memphis, TN, USA, June 23–25, 1970

Leclercq P. 1966. Une stérilité male utilisable pour la production d’hybrides simples de tournesol. Ann. Amélior.Pl. 16 :135-144.

 Leclercq P. 1969. Une stérilité mâle cytoplasmique chez le tournesol. Ann. Amelior.Pl. 19: 99–106.

Leclercq P. 1971. La stérilité mâle cytoplasmique du tournesol 1. Premières études sur la restauration de la fertilité. Ann Amélior Pl. 21: 45–54.

Vear  F. 2010. Classic Genetics and Breeding. In “Genetics, Genomics and Breeding of Sunflower” ed. Kole C. Science Publishers Inc. Jersey, N.H, USA. : 51-77.

Vear F 2016. Changes in sunflower breeding over the last fifty years. OCL 2016, 23(2) D202.

Bernard Vivier dans une publicité pour une variété INRAE vers 1978

Tournesol : augmenter les surfaces d’une culture essentielle pour la souveraineté alimentaire

La guerre russo-ukrainienne, entre les deux premiers producteurs mondiaux de graines, d’huile et de tourteaux de tournesol, impacte les marchés agricoles. La demande en graines de tournesol s’annonce très forte sur la prochaine campagne. Une hausse des surfaces de tournesol en France (700 000 ha en moyenne ces dernières années) accompagnée d’une optimisation de la conduite de la culture compenserait, pour partie et en attente de la reprise de flux commerciaux normaux avec nos partenaires ukrainiens, la perte liée à la réduction voire l’arrêt des importations sur notre territoire d’huile et de tourteaux de tournesol en provenance d’Ukraine.

La culture du tournesol, espèce clé pour la souveraineté alimentaire européenne, doit donc être encouragée en raison de ses multiples atouts et des optimisations de culture rendues possibles grâce aux activités de recherche-développement-innovation menées par Terres Inovia, l’institut technique de la filière des huiles et protéines végétales et de la filière chanvre.

L’ensemble des acteurs de la filière oléoprotéagineuse, au premier rang desquels Terres Inovia, est engagé au quotidien pour optimiser et sécuriser la culture de tournesol. Cette mobilisation s’inscrit particulièrement depuis 2 ans dans le cadre du plan d’action et de développement Téo qui vise à consolider le tournesol dans les bassins de culture historiques et à redéployer cette culture dans les bassins de l’Est et du Nord de la France. En effet, cette culture oléoprotéagineuse dispose de nombreux avantages pour permettre aux producteurs de répondre aux défis du changement climatique, à la réduction des produits phytosanitaires ou aux exigences sociétales :

- très bons résultats technico-économiques en 2021 avec des rendements moyens compris entre 28 et plus de 30 quintaux par hectare (ha)

- une culture peu gourmande en engrais

- une culture qui valorise de faibles quantités d’eau, avec une irrigation qui se termine tôt au cours du cycle de la culture, limitant ainsi les effets d’éventuels rationnements de l’eau d’irrigation survenant souvent plus tard en cas de sécheresse.

Pour Arnaud Rousseau, Président de la FOP : « Au moment où le conflit à l’Est de l’Europe bouleverse les équilibres mondiaux et les approvisionnements en protéines, rarement l’enjeu national et européen de souveraineté protéique n’est apparu aussi essentiel. La France doit augmenter sa production de protéines végétales pour nourrir sa population et son cheptel, et ce, le plus rapidement possible au vu de l’importance stratégique des enjeux actuels. Dans le même temps, le changement climatique oblige les agriculteurs à adapter leurs pratiques et à intégrer de nouveaux repères techniques. Dans ce contexte, je suis persuadé que le tournesol a un rôle clé à jouer dans les assolements. C’est une culture aux nombreux atouts dont il faut optimiser la conduite ! ».

Pour Antoine Henrion, Président de Terres Univia : « Les acteurs de la filière oléoprotéagineuse sont mobilisés pour accompagner au mieux les agriculteurs, d’autant plus au regard du contexte géopolitique. Tous les moyens sont mis en œuvre pour qu’une nouvelle fois la culture du tournesol soit au rendez-vous de la performance technique et économique de la ferme France mais aussi des attentes des utilisateurs en alimentation ou nutrition. »

Pour Gilles Robillard, Président de Terres Inovia : « Progrès génétique, itinéraire technique optimisé et savoir-faire des producteurs ont permis au tournesol ces deux dernières années d’être une culture phare de la performance des exploitations agricoles françaises. Les équipes de Terres Inovia sont pleinement mobilisées dans les territoires aux côtés des producteurs pour continuer à mettre en œuvre les meilleures techniques pour la culture dans son itinéraire classique mais également dans une conduite en dérobée après récolte précoce des cultures d’hiver. »

Plus d'informaitons dans le communiqué de presse

Les Paiements pour Services Environnementaux à la loupe

Encore méconnus du grand public et du monde agricole, les Paiements pour Services Environnementaux (PSE) gagnent à être connus. Ils constituent une opportunité pour préserver l’environnement, lutter contre le changement climatique et apporter une rémunération supplémentaire aux agriculteurs. En effet, ce dispositif contractuel permet à une structure -publique, privée ou mixte- de rémunérer un agriculteur qui apporte un service à l’environnement dans ses pratiques agricoles.

15 PSE recensés

Pour vulgariser ce dispositif, l’Interprofession a réalisé une étude dans le cadre d’un groupe de travail dédié, créé en 2020, pour faire un premier état des lieux du PSE. Terres Univia a ainsi recensé 15 dispositifs, répartis sur tout le territoire de la France métropolitaine. La plupart permettent l’amélioration de la qualité de l’eau, de l’air et de la biodiversité, mais aussi la séquestration du carbone dans le sol ou la réduction d’émission de gaz à effet de serre. Ces dispositifs ont été lancés en majorité par des associations ou des collectifs d’acteurs, mais aussi, dans une moindre mesure, par des entreprises privées et des acteurs publics.

Un financement monétaire ou en nature

Comment fonctionnent ces dispositifs ? Tout dépend des acteurs qui les mettent en place. Lorsque le PSE est initié par un collectif, c’est le mode de gouvernance collective qui est choisi, comme par exemple le Label Bas Carbone. Un PSE peut aussi être soumis aux règles définies par l’entreprise privée qui le met en place ou à des contraintes réglementaires dans le cas d’un acteur public.
Enfin, le financement des agriculteurs pour rémunérer les services environnementaux peut, là aussi, émaner de fonds publics ou privés, mais aussi mixtes. Ce paiement est souvent monétaire et peut être en nature (PSE privés). Il est fixé sur la base de consentements à payer-recevoir pour les PSE collectifs, et soumis à une obligation de résultats en ce qui concerne les PSE portés par les acteurs publics.

Pour en savoir plus, consultez :
La fiche Point Eco sur les Paiements pour Services Environnementaux (PDF , 272 ko)

Décès du Dr Albert Dijkstra

C’est avec une grande tristesse que nous appris le décès du Dr Albert Dijkstra.

Il était un esprit brillant et exigeant qui a largement participé à la connaissance des lipides1,2, ce qui lui avait valu plusieurs distinctions, dont la remise de la médaille Chevreul en 2009. Depuis quelques années, il mettait son savoir au service de l’évaluation d’articles pour notre revue OCL Journal. Ses analyses alliaient toujours rigueur et recul pour souligner avec une incroyable limpidité les erreurs méthodologiques qui pouvaient entacher certains travaux soumis à notre revue. Dévoué à la science, il luttait contre toute compromission, se disant heureux du travail accompli avec OCL Journal et partageant ses différents avec d'autres revues dont il regrettait les arbitrages, qu’il considérait plus économiques que scientifiques.

Au-delà du scientifique reconnu, il était aussi un homme qui a savouré les petits bonheurs de la vie, dont plusieurs années en France. Il en partageait la nostalgie début 2022, dans un échange de mails. Celle de son ancienne demeure près de Villeréal (Lot-et-Garonne, France), de ses figuiers, cerisiers, pommiers et poiriers et bien sûr pruniers (les pruneaux d'Agen). Des samedis passés sous les arcades du marché local pour y acheter notamment du miel "crémeux".

Il avait pris la décision de retourner vivre à Gand, en Belgique, avec son épouse. Il se disait heureux de pouvoir profiter de ses cinq enfants, de leurs conjoints et de ses neuf petits-enfants. Nous leur adressons nos plus sincères condoléances.

 

1: Gunstone FD, Harwood JL, Dijkstra AJ (eds.). 2007. The lipid handbook, 3rd edn. Boca Raton, FL: Taylor and Francis.

2: Articles publiés dans OCL Journal :
Revisiting the mechanisms of low-temperature, base-catalysed ester interchange reactions
How Chevreul (1786-1889) based his conclusions on his analytical results

Thanks to literature and fellow scientists

 

Prix de thèse SFEL 2022 – Appel à Candidatures

La Société Française pour l'Étude des Lipides (SFEL) a ouvert l'appel à candidatures pour son prix de thèse 2022. Ce prix récompense un travail de recherche mené en France pour l’obtention d‘une thèse d’université dans un domaine lié aux oléagineux, corps gras et/ou lipides : production d'oléagineux, analyses, caractérisation biochimique ou physico-chimique des lipides, transformation des corps gras, utilisation non alimentaire, nutrition lipidique, lipides et santé...

Le prix de thèse SFEL est doté d’un montant de 1 000 Euros et sera remis à l’occasion du Congrès du Groupe d’Étude et de Recherche en Lipidomique (GERLI) qui se tiendra à Saint-Jean-Cap-Ferrat du 6 au 9 Novembre 2022, congrès au cours duquel le ou la lauréat(e) présentera ses travaux. Les frais d’inscription et de déplacement seront pris en charge par la SFEL. Il est ouvert aux candidat(e)s remplissant les conditions suivantes :

- avoir soutenu sa thèse au moment de la soumission de la candidature, et pas plus de 2 ans auparavant,

- être membre, adhérer (80 €) ou être rattaché à une équipe de recherche française dont au moins l'un des collaborateurs est membre de la SFEL.

 

Le dossier de candidature doit être adressé par courriel, avant le 30 Juillet 2022, à Philippe GUESNET, président de la SFEL (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ) et comporter les éléments suivants, sans excéder 4 pages :

- une lettre de candidature

- un CV faisant apparaître les titres, publications et travaux

- un exposé en une page des travaux, mettant en lumière les principaux résultats obtenus et le lien avec le secteur d'intérêt des lipides.