Récolte 2022 de tournesol en France : surfaces en forte hausse, rendements impactés par la chaleur et la sécheresse

Si la récolte de tournesol est en baisse de 5 % par rapport à 2021 (1,9 Mt en 2021, en raison de rendements exceptionnels), la récolte 2022 s’inscrit, pour la 3e campagne consécutive, dans une dynamique de hausse de la production et dépasse une nouvelle fois la moyenne quinquennale (1,5  Mt). Cette production permettra aux unités industrielles de triturer encore plus de graines françaises de tournesol et d'assurer une meilleure couverture des besoins en huile et tourteaux. 

La mobilisation des agriculteurs a permis une hausse très nette des surfaces de tournesol, 698 000 ha en 2021, soit une augmentation d’au moins 20 %. Cette augmentation des surfaces limite les effets de la baisse de rendement observée par rapport à 2021 (27,4 q/ha). D’après les premières analyses réalisées, la teneur en huile serait, par ailleurs, en baisse sur une large partie du territoire dans des proportions qui restent à affiner.

 

Au plan régional, les bilans sont assez hétérogènes. En Nouvelle-Aquitaine, les rendements se situent dans une fourchette comprise entre 15 et 36 q/ha dans les sols les plus profonds ou qui ont pu bénéficier d’irrigation. En Occitanie e rendement moyen est faible et avoisine les 17 q/ha. Le rendement moyen est de 24 q/ha en région Centre-Val de Loire et de 20 q/ha dans le Grand Est avec, dans ces deux régions, des variations entre 15 et 40 q/ha.

 

Une campagne qui a, une nouvelle fois, montré la bonne tolérance du tournesol aux conditions sèches

Le tournesol a bien résisté et prouvé, cette année encore, sa capacité naturelle à s'adapter lors des périodes de chaleur intense et de sécheresse. L’irrigation, bien positionnée dans le cycle de culture, a constitué un facteur différenciant qui a été pleinement valorisé par la culture.

La chaleur et les conditions sèches ont limité le développement des maladies. Leur impact a été faible sur les cultures. Dans de nombreux bassins de production, les conditions climatiques ont induit une croissance lente et moindre des tournesols, avec des impacts sur la floraison, plus rapide qu’à l’accoutumée, et un remplissage des graines plus limité. 

Au global, cette année, la combinaison de baisses de rendements moindres par rapport à d’autres cultures d’été, de charges d’intrants modérées et de prix souvent très attractifs, fait retrouver de la rentabilité au tournesol avec des marges brutes qui dépassent les 1 100 €/ha dans les exploitations constituant l’Observatoire des coûts à la production de Terres Univia - Terres Inovia.

« Cette année, les surfaces oléoprotéagineuses sont en hausse de plus de 15 %, tirées par le colza et le tournesol, soit plus de 2,2 millions d’hectares d’oléagineux. La culture du tournesol voit la succession de deux belles récoltes : 2021 et ses rendements historiques, et 2022 marquée par une hausse importante des surfaces de plus de 20 %. Certaines régions, d’habitude peu productrices de tournesol, ont fortement développé leurs surfaces. Les producteurs ont été au rendez-vous pour participer au maintien de la souveraineté alimentaire de notre pays et soutenir les industriels. La capacité de trituration devrait ainsi augmenter en France, » déclare Benjamin Lammert, Président de Terres Univia.

 « Le tournesol a prouvé sa capacité à résister aux conditions climatiques. Malgré une baisse des rendements, il a mieux résisté que d’autres cultures aux conditions difficiles de l’année. Peu gourmande en eau, cette culture demande une irrigation qui se termine tôt au cours du cycle de la culture. De plus, les outils d’accompagnement à la conduite de culture conçus par les ingénieurs de Terres Inovia font de nouveau preuve de leur efficacité. Pour 2023, les intentions de semis s’élèveraient par ailleurs à 900 000 ha, signe de la reconnaissance par les agriculteurs des atouts du tournesol face au changement climatique, » ajoute Gilles Robillard, Président de Terres Inovia.

Pour Arnaud Rousseau, Président de la FOP, « Alors que la France doit augmenter sa production de protéines végétales pour nourrir son cheptel et répondre à la demande du consommateur d’une huile tracée et durable, le tournesol s’affirme comme une des cultures clés pour répondre à l’enjeu national et européen de souveraineté alimentaire. Dans un contexte de changement climatique et de tensions accrues sur les marchés, je me félicite de la mobilisation des producteurs et de notre filière oléoprotéagineuse en faveur de son développement tant cette culture permet d’atteindre les objectifs de compétitivité des exploitations et d’apporter une réponse efficace aux enjeux de la transition agroécologique et climatique. »