Open Access
Issue
OCL
Volume 21, Number 2, March-April 2014
Article Number D209
Number of page(s) 15
Section Dossier: Oil crops and supply chain in Africa / La filière oléagineuse en Afrique
DOI https://doi.org/10.1051/ocl/2013044
Published online 05 March 2014

© T. Silou et al., published by EDP Sciences, 2014

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Introduction

Les oléagineux non conventionnels représentent une partie très importante des Produits forestiers non ligneux (PFNL) des forêts du Bassin du Congo (Nkuinkeu, 2003).

Leur intérêt reconnu depuis les années 1950 (Adriaens, 1951), s’est précisé à partir des années 1970 par la mise en place de différents projets de recherche à l’échelle sous régionale impliquant des pays comme le Gabon, le Congo, la République Démocratique du Congo et le Cameroun, avec un soutien des institutions régionale et internationale telles que la Fondation internationale pour la science (IFS) et l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF).

Tableau 1

Teneur en huile et composition en AG des corps gras du Bassin du Congo.

C’est ainsi, par exemple, que le Projet de Coopération Scientifique Interuniversitaire (6301-PCSI-2008) financé par l’AUF a été une occasion pour re-évaluer et approfondir les données disponibles au niveau de la sous-région (Silou, 2011).

Le présent article, qui se veut introductif, présente une vue panoramique de matières grasses extraites de 77 espèces oléagineuses du Bassin du Congo, des monographies plus détaillées, par famille, feront l’objet des publications ultérieures.

thumbnail Fig. 1

Variation croissante de la teneur en matière grasse des échantillons étudiés.

1 Caractère oléagineux des espèces végétales étudiées du Bassin du Congo

Soixante dix-sept espèces oléagineuses du Bassin du Congo, appartenant à 35 familles botaniques, qui font l’objet de cette étude, sont consignées dans Tableau 1, avec leur teneur en huile et leur composition en acides gras, ainsi que les références des publications originales desquelles ont été tirées ces données (Binaki et al., 2014 ; Bouanga et al., 2011 ; Boudeaut, 1971 ; Dandjouma et al., 2007 ; Fokou et al., 2009 ; Goténi et al., 2011 ; Kabélé Ngiéfu et al., 1976, 1979 ; Kapseu et al., 1997 ; Kapseu, 2009 ; Kimbonguila et al., 2010 ; Kinkélaet Silou, 2004 ; Loumouamou, 2012 ; Malumba, 2009 ; Matos et al., 2009 ; Mouni et al., 2011 ; Moupelela et al., 2011 ; Nzikou et al., 2006 ; Ockandji, 2010 ; Omoti et Okiy, 1987 ; Silou et al., 1990, 2002 ; Vieux et Kabele Ngiéfu, 1970 ; Womeni et al., 2011; Nzikou et al., 2009, Attibayeba et al., 2010).

Chaque échantillon est identifié par un code comprenant la première lettre du nom de genre, en majuscule, suivie de une ou deux premières lettres du nom d’espèce, en minuscule, suivies d’un chiffre précisant l’origine de l’échantillon (1 : Cameroun, 2 : Congo-Brazzaville, 3 : Congo-Kinshasa, 4 : Gabon, 5 : Nigéria, 6 : Niger, 7 : Côte d’Ivoire, 8 : République Centrafricaine).

Comme Earle et al. (1959) dans une étude de US departement of Agriculture, nous avons considéré comme oléagineuse toute espèce ayant une teneur en matière grasse au moins égale à 20 %. Toutefois, certaines espèces, ayant moins de 20 % de matière grasse par extraction au soxhlet à partir du matériel végétal sec, ont été prises en compte lorsqu’elles présentaient un intérêt particulier (abondance du matériel végétal, simplicité de la composition en AG et/ou en TAG ou originalité des constituants...), rejoignant en cela le seuil fixé, dans une autre étude entreprise en Thailande, à 15 % (Kalayasiri et al., 1996).

La teneur en matière grasse varie de 13 % avec Mangifera indicaà 87 % avec Eleasis guineensis.

La variation croissante et continue de la teneur en matière grasse qui ne présente aucun palier matérialisant des regroupements des valeurs en classes (Fig. 1), témoigne du caractère totalement conventionnel d’une subdivision en classe de teneur en huile.

Toutefois, nous avons réparti les valeurs observées en trois classes d’égale amplitude entre 15 et 75 %, à savoir : 15–35 %, 35–55 % et 55–75 %.

Mais, si l’amplitude est la même pour ces trois classes, la répartition des individus dans ces classes n’est pas équitable. Ainsi, la classe des espèces moyennement oléagineuses regroupe plus de la moitié des espèces étudiées, suivie de celle espèces à faible teneur et de celle des espèces fortement oléagineuses (Fig. 2).

1.1 Plantes à faible teneur en matière grasse.

Elles constituent la classe (15–35 %) et comprend 31 % des espèces étudiées. Ces plantes ne sont intéressantes que si elles donnent une matière grasse exceptionnelle, soit sur le plan nutritionnel par un apport en quantité notable de nutriments rares, soit sur le plan académique avec la présence des constituants très particuliers.

1.2 Plantes à forte teneur en matière grasse.

Elles constituent la classe (>55%), avec 18 % de l’ensemble des espèces étudiées.

Dans l’ordre décroissant de teneur en matière grasse nous avons : les Palmaceae (70–87 %) : Elaeis guineensis et Coco nucifera, les Irvingiaceae (70 %) : Irvingia gabonensis, Irvingia wombulu, les Burseraceae (50–60 %) : Dacryodes edulis (pulpe), Alanblanckia floribunda, Terminalia catappa, Sesamum indicum, Arachis hypogea, Hura crepitans.

Ce sont, pour la plupart, des oléagineux majeurs qui sont, déjà ou potentiellement, des spéculations d’intérêt mondial.

1.3 Plantes à teneur moyenne en matière grasse.

Elles constituent la classe (35–55 %), avec 51 % de l’ensemble des espèces étudiées. Toutes les familles, sauf les Anacardiceae, les Apocynaceae, sont représentées dans cette classe.

En fin de compte, les espèces moyennement oléagineuses (35–55 %), et les espèces très oléagineuses (>55 %) constituent près de 80 % des espèces étudiées.

Cette observation témoigne des potentialités oléagineuses très élevées de la flore du Bassin du Congo.

Mais, plus que la teneur en matière grasse, c’est la composition chimique qui justifie l’utilisation d’un corps gras pour une application donnée; la composition en AG a donc été le deuxième critère de classement retenu dans cette étude.

2 Essai de classification des oléagineux sur la base de leur profil en AG.

Les approches pour classer les matières grasses sur la base de leur composition chimique varient selon les auteurs.

Adriaens, qui travaille sur les oléagineux du Congo belge, a proposé deux entrées pour le classement de ces derniers : d’une part, la distinction entre les huiles siccatives et les huiles non siccatives, et d’autre part, le regroupement de ces matières grasses comme sources d’acides gras (Adriaens, 1951).

thumbnail Fig. 2

Répartition(en %) des espèces étudiées en trois classes, selon leur teneur en matière grasse

Dans ses projets, l’US department of Agriculture a privilégié les huiles nouvelles sources d’acides gras particuliers, potentiellement utilisables par l’industrie (Earle et al., 1959 ; Isbell, 2009 ; Princen et Rothfus , 1984), relativisant ainsi l’importance du screening systématique des années 1950 (Earle et al., 1959).

Salas et al. (2009) ont utilisé une approche plus classique en regroupant les huiles par les AG majeurs qu’ils donnent (de C10 à C18).

Le traitement le plus original de la question est dû à Dubois et al. (2008), avec un classement des sources végétales d’acides gras en fonction de leur profil nutritionnel, qui, non seulement considère les quantités des acides gras individuels, mais prend également en compte l’environnement en AG, de ces majeurs, sous forme de profil AG matérialisés par des radar-plots.

En faisant la synthèse de ces approches, on peut ventiller, les données du Tableau 1, en trois goupes en fonction du dégré d’insaturation des AG majeurs qu’ils donnent : saturés, mono- et poly-insaturés. À l’intérieur des trois groupes on peut distinguer des sous-groupes en fonction de l’AG majeur et de son environnement immédiat (3 premiers AG constitutifs).

2.1 Matières grasses sources d’acides gras saturés (AGS)

Elles sont généralement extraites des amandes et ont une apparence physique solide due très vraisemblablement au caractère saturé de leurs AG constitutifs majeurs. Salas et al. (2009) distinguent trois sous-groupes pour ces graisses tropicales selon leurs acides gras constitutifs : acides laurique, myristique, palmitique et stéarique.

Seuls deux types de matières grasses (laurique/myristique et stéarique), ont été mis en évidence dans les oléagineux étudiés (Tab. 1).

(i) Matières grasses sources des acides laurique et myristique

Aucun de ces deux AG n’a pu dépasser la teneur de 60 % que nous nous sommes fixées pour qu’un corps gras soit considéré comme source principale d’un AG donné.

Toutefois, ensemble ils représentent au moins 70 % des AG totaux et constituent donc une source intéressante du duo laurique-myristique.

Les amandes des deux familles botaniquessont principalement concernées : les Irvingiaceae et les Palmaceae. Les acides laurique et myristique ont une teneur cumulée de plus de 80 % dans les Irvingiaceae, alors qu’elle est de l’ordre de 60 % pour les amandes de Elaeis guineensis et de Coco nucifera. Si pour les Ivingiaceae, le premier constituant majeur change lorsque l’on passe d’une part de Irvingia gabonensis à d’autre part Irvingia wombulu et Irvingia smithii, le profil est conservé en passant de l’amande de Elaeis guineensis à celle de coco nucifera.

Dans les deux familles les teneurs des deux autres acides gras saturés sont très faibles et parfois négligeables.

thumbnail Fig. 3

Teneurs en acide palmitique des matières grasses du Bassin du Congo.

(ii) Matières grasses sources d’acide stéarique

Seule la matière grasse de Coula edulis est source d’un AGS seul à une teneur élevée (acide stéarique à près de 90 %). Allablanckia floribunda qui contient le même acide à 60 % fournit également l’acide oléique et peut donc être considérée comme source de ces deux acides gras à 90 %. Il convient de signaler que l’huile de palme peut conduire à trois fractions respectivement riches en acides palmitique, stéarique et oléique. La stéarine et l’oléine de l’huile de palme sont des matières premières importantes de l’industrie.

(iii) Matières grasses sources de trois acides gras dont au moins 1 AGS

C’est le groupe le plus important, avec comme espèce caractéristique le palmier à huile (huile palmiste), dans laquelle le profil laurique-myristique est complété par l’acide oléique, contrairement à l’amande de Coco nucifera qui admet l’acide palmitique comme troisième AG majeur. La graisse de cacao peut également être classée dans ce groupe, avec les acides palmitique et stéarique à plus de 60 % et l’acide oléique à plus de 30 % (%P >%S >%O). Celle de l’amande de safou qui lui ressemble qualitativement présente quantitativement des différences notables allant jusqu’à l’inversion de position pour O et S (%P >%0 >%S); il en est de même pour la graisse de karité qui admet le profil suivant : %S >%O >%P.

2.2 Matières grasses sources d’acides gras mono- insaturés (AGMI)

L’acide oléique (C18:1) est l’AGMI présent de manière significative dans les matières grasses étudiées. L’acide gadoléique (C20:1) est en très faible quantité et l’acide brassidique (C22:1), à l’état de traces. L’acide oléique a été rencontré à plus de 60 % dans cinq espèces : Carica papaya, Mellettia versicolor, Coumarona odorata, Aframomum africanum , Aframomum stipulatum.

Le fractionnement des matières grasses extraites de ces espèces permettrait de disposer d’oléines. De même, des huiles plus complexes, mais de structure proche de celle de l’huile de palme, pourraient être des sources intéressantes d’oléine.

2.3 Matières grasses sources d’acides gras poly-insaturés (AGPI)

Les acides linoléique C18:2 (Z9, Z12) et linolénique C18:3 (Z9, Z12, Z15) sont les deux AGPI, les plus fréquemment rencontrés dans les matières grasses étudiées. Les isomères alpha éléostéarique C18:3 (Z9, E11, E13) et gamma linolénique C18:3 (Z6, Z9, Z12) qui sont très rares, sont signalés, le cas échéant.

L’acide linoléique est le deuxième acide gras insaturé le plus abondant (60–70 %), en solitaire, dans les échantillons étudiés, avec une très bonne représentation chez les cucurbitaceae (6 espèces sur 8, Tab. 1). C’est un acide gras essentiel qui peut atteindre des valeurs remarquablement élevées, comme chez Lagenaria siceraria (73 %). Sa teneur varie pour les autres espèces du groupe de 60 à 70 %.

L’acide linolénique n’a été rencontré à un taux supérieur à 60 % que dans Tetracarpidum conophorumet Dandjouma et al. (2007) signalent la présence de l’acide alpha éléostéarique à plus de 50 % chez Ricinodendron heudelotii.

2.4 Matières grasses mixtes, sources de AGS/AGMI/AGPI

C’est de loin la situation la plus fréquemment rencontrée dans notre étude, avec les acides palmitique (C16:0 ou P), oléique (C18:1 n-9 ou O) et linoléique (C18:2 n-6 ou L) pouvant atteindre 90 %. Elle conduit à des matières grasses de type palmito-oléo-linoléique (POL), avec, comme représentants majeurs, les huiles de palme, de raphia, de safou et de Canarium schweinfurthii. Elles sont liquides ou semi liquides, à température ambiante.

La classification ascendante hiérarchique (CAH) de l’ensemble des échantillons étudiés, discriminée par le degré d’insaturation de leurs AG constitutifs, conduit à deux classes totalement asymétriques de 107 et 12 objets (Tab. 2).

thumbnail Fig. 4

Teneur en acide oléique (C18:1 n-9) des matières grasses du Bassin du Congo.

Tableau 2

Classification ascendante hiérarchique (2 classes).

La classe 2 concerne les matières grasses de type laurique-myristique, avec comme objet central Irvingia smithii. On retrouve bien dans la classe 1 les matières grasses mixtes, avec comme objet central Panda oleosa, caractéristique d’une huile constituée de 1/3 d’AGS, 1/3 de AGMI et de 1/3 AGPI, avec POL, comme profil le plus abondant.

Ces huiles présentent des intérêts différents selon la teneur individuelle de chacun de ces trois AG.

(i) Teneurs en acide palmitique

Cet acide gras saturé à 16 atomes de carbone occupe une place particulière sur le plan nutritionnel puisqu’il est le principal constituant de l’huile de palme et il est au centre d’une vive controverse sur son effet hypercholesterolémiant (Dubois et al., 2008).

Il semble, en effet largement admis que l’acide palmitique, augmenterait le taux du LDL cholestrérol, notamment lorsqu’il est fixé en position sn-2 du glycérol. Comme dans le palmier à huile, cet acide gras est abondant, avec des teneurs pouvant atteindre 50 %, dans certains oléagineux du Bassin du Congo, notamment dans les Burceraceae (Dacryodes edulis et Canarium schweinfurthii), les Palmaceae (Raphia sp.) et les Cucurbitaceae (Luffa cylindrica).

Cette présence massive de C16:0 est fort heureusement compensée par sa localisation sn-1,3 sur le glycérol des huiles de la plupart de ces espèces. En effet l’analyse stéréospécifique, des huiles de la pulpe de Raphia laurentii (Goténi et al., 2011 ; Silou et al., 2012) et de Dacryodes edulis(Bézard et al., 1991 ; Kinkéla et Bézard, 1993 ; Silou et Kama Niyamayona, 1999), par exemple, a permis d’établir que les acides gras insaturés de ces huiles (O et L) se fixaient préférentiellement en position sn-2 et ceci d’autant plus que le degré d’insaturation était élevé, corroborant l’idée émise auparavant par Litchefield sur la priorité de fixation des AG sur un triacylglycérol (Litchfield, 1972).

Par ailleurs, plus de 3/4 des espèces de ce groupe contiennent moins de 25 % d’acide palmitique, c’est-à-dire autant que l’huile d’avocat ou le beurre de cacao, qui, apparemment sont moins controversées et dans une dizaine d’espèces étudiées la teneur de cet acide ne dépasse pas les 10 %, comme dans l’huile d’arachide (Fig. 3).

En fin de compte nous avons, dans ce groupe, des huiles tout à fait intéressantes sur le plan nutritionnel.

(ii) Teneurs en acide oléique

À l’opposé de l’acide palmitique, l’acide oléique, principal acide gras de l’huile d’olive, a pendant longtemps été considéré comme « sain » et responsable de la santé remarquable des méditérannéens. Certaines études actuelles semblent remettre en cause sa neutralité vis à vis du LDL cholestérol, et signalent un effet légèrement positif. En tout état de cause, l’acide oléique reste l’AGMI alimentaire le plus important et il serait, pour la majorité des travaux de la littérature, neutre vis-à-vis du LDL cholestérol et des TAG plasmiques (TAGp) (Dubois et al., 2008).

thumbnail Fig. 5

Teneur en acide linoléique (C18:2 n-6) des matières grasses étudées.

thumbnail Fig. 6

Chromatogrammes HPLC avec DEDL (a), avec détecteur réfractométrique (b) de l’huile de la pulpe de Raphia laurentii.

La Figure 4 donne les teneurs en acide oléique des matières grasses du Bassin du Congo étudiées.

Les matières grasses des graines de papaye, d’aframomum, d’arachide et de karité d’une part de pulpe d’avocat d’autre part ont une teneur en acide oléique supérieure à 40 %, se rapprochant ainsi, le plus de l’huile d’olive (80 %); les Curcurbitaceae en sont les plus éloignées (<20 %), tandis que les Burseraceae, le Palmaceae se situent à mi-chemin (20–40 %).

On peut ainsi établir, pour de matières grasses étudiées, une échelle d’intérêt décroissant par rapport à l’acide oléique (Fig. 4).

(iii) Teneurs en acide linoléique

L’acide linoléique, AGPI, est un précurseur de la famille de AG n-6 qui selon certains auteurs semble avoir un effet négatif ou tout au moins neutre à partir d’un certain seuil, sur le LDL cholestérol. Toutefois, selon Dubois et al. (2008), le remplacement d’un AGS par l’acide linoléique baisse le taux de LDL cholestérol.

C’est un acide gras essentiel particulièrement abondant dans Lagenaria siceraria du Bassin du Congo; cette espèce occupe le haut de l’échelle, Dacryodes edulis (graine), Elaeis guineensis (pulpe), Thembroma cacao se situent à l’autre extrémité de l’échelle, tandis que Raphia laurentii se trouve à mi-chemin (Fig. 5).

2.5 Matières grasses sources d’AG particuliers

Il convient de signaler que le ricin, qui est parfaitement adapté à la sous régions, conduit à une huile constitué essentiellement d’acide ricinoléique, acide d’une importance industrielle reconnue (Borg, 2009). De même l’Adenanthera pavonina donne une huile contenant près de 20 % d’acide lignocérique (C24:0) (Adriaens, 1951 ; Kabélé Ngiéfu et al., 1975).

Ce deuxième classement basée sur les AG constitutifs et sur leur environnement immédiat, que nous venons d’esquisser et qui sera développée dans les monographies par famille d’oléagineux peut être affinée avec la prise en compte du profil des TAG majeurs.

3 Essai de classification des oléagineux sur la base de leur profil en TAG

La connaissance de la composition en AG obtenue par chromatographie en phase gazeuse (CPG) après transestérification ne donne pas directement la composition en TAG de la matière grasse, celle-ci peut s’obtenir à partir des calculs statistiques. De même, on n’est toujours pas à l’abri d’erreurs découlant, d’une part des problèmes d’injection entrainant une discrimination des composés légers par rapport à ceux de masse plus élevée et, d’autre part du fait que la transestérification est loin d’être une réaction totalement quantitative.

Ainsi, seule une analyse directe de la matière grasse permet d’atteindre l’image la plus proche de sa composition réelle.

Pour l’étude extensive des matières grasses des oléagineux du Bassin du Congo, nous avons utilisé de manière qualitative et semi quantitative la chromatographie liquide (HPLC) avec un détecteur evaporatif à diffusion de lumière (DEDL) à cause de la qualité de la résolution des pics (Fig. 6)

Un atlas des empreintes TAG, (TAG fingers), en cours d’édition, a été produitz (Maloumbi et al., 2014). Nous présentons ici quelques exemples d’illustration.

La Figure 7 montre, avec suffisamment de pertinence, que le passage de l’huile de la pulpe à l’huile de la graine chez Dacryodes edulis se traduit par une augmentation de la complexité du profil TAG, contrairement à ce que pouvait le laisser penser leurs compositions respectives en AG (Tab. 1).

Cette variation intra spécifique est plus importante que la variation inter spécifique observées dans la famille des Cucurbitaceae (Silou et al., 2008).

Un tel constat suggère beaucoup de prudence sur l’utilisation du seul profil des AG pour la caractérisation d’une matière grasse quelconque.

De manière générale et comme pour la composition en AG, nous pouvons distinguer trois niveaux de regroupement des matières grasses étudiées en tenant compte de la complexité de leur composition en TAG : les huiles et graisses peu (*), moyennement (**) et très (***) complexes, illustrées par quelques exemples dans le Tableau 3.

thumbnail Fig. 7

Chromatogrammes HPLC avec DEDL des huiles de la pulpe (a) et de la graine (b) de Dacryodes edulis.

Tableau 3

Niveau de complexité des profils TAG de quelques huiles et graisses.

3.1 Huiles et graisses peu complexes

Une dizaine de 77 espèces d’oléagineuses du Bassin du Congo étudiées conduisent à des matières grasses ayant un profil TAG extrêmement simple qui se réduit à :

  • soit un seul type de TAG constituant plus de 80 % de la teneurtotale en TAG; c’est le cas de Allanblackia floribunda avec88,8 % pour SSO;

  • soit à deux types de TAG avec une teneur cumulée de plus de 80 %, comme chez Carica papaya (OOO : 63,6 %; POO : 25,0 %), Canarium schweinfurthii (POO : 20 %; PPO : 53,1 %), cacao (PSO : 56,1 %; SSO : 27,5 %), Moringa oleifera (OOO : 54,8 %; POO : 15,9 %), Vitellaria paradoxa (SSO : 31 %; SSO : 54,9 %).

Dans ce groupe, l’huile de Ricinus communis est particulière avec trois types de TAG non courants constituant plus de 90 % de la teneur totale en TAG (RnRnO : 10,3 %; RnRnL : 18,0 %; RnRnRn : 60%).

3.2 Huiles et graisses très complexes

Une dizaine d’espèces conduisent également à des matières grasses extrêmement complexes avec au moins une dizaine de types de TAG dépassant rarement 10 % en teneur individuelle en TAG, comme par exemple : Grewia coriacea, Hibiscus sabdariffa, Hevea bresilensis (Loumouamou, 2012 ; Maloumbi et al., 2014).

3.3 Huiles et graisses moyennement complexes

C’est la grande majorité des matières grasses étudiées. Elles contiennent généralement 3 à 4 types de TAG à teneur individuelle supérieure à 10 % et 5 à 7 types de TAG à teneur individuelle supérieure à 5 %; les 8–11 TAG ayant une teneur cumulée d’au moins 80 %.

4 Intérêt des huiles et graisses des oléagineux du Bassin du Congo

thumbnail Fig. 8

Représentation radar-plots (morphogrammes) caractéristiques de quelques matières grasses extraites des oléagineux du Bassin du Congo.

4.1 Intérêt nutritionnel

Le Tableau 1 donne, entre autre, les compositions des graisses de type laurique/mysritique qui conviennent parfaitement à la friture prolongée puisque les acides laurique et myristique constituent au moins 60 % de leur composition et les acides gras saturés plus de 80 %.

On dispose ainsi des huiles très stables au chauffage, qui préserve le consommateur des produits nocifs de dégradation consécutifs à la décomposition des acides gras, insaturés, notamment.

Ces matières grasses sont également très demandées par les industriels pour les préparations culinaires (notamment celles des pâtes à tartiner), malgré leur réputation d’être les plus hypercholestérolémiantes de toutes (Dubois et al., 2008).

Nous avons établi plus haut que le groupe mixte AGS, AGMI et AGPI, est le mieux représentée dans l’étude, avec POL comme profil le plus fréquemment rencontrés.

Certaines huiles largement consommées à travers le monde appartiennent à ce profil (Dubois et al., 2008). La Figure 8 illustre les représentations radar-plots caractéristiques trois huiles de large consommation et de quelques matières grasses non conventionnelles du Bassin du Congo. Des regroupements, par similitude des formes, peuvent être faits, d’où le nom de morphogramme donné à ces représentations.

Il paraît donc possible d’envisager l’utilisation des morphogrammes pour diagnostiquer l’intérêt nutritionnel des matières grasses par comparaison à des représentations de matières grasses de référence de qualité nutritionnelle avérée, comme l’ont suggéré Dubois et al. (2008).

Ces derniers ont esquissé un profil de l’huile « idéale » en s’appuyant sur les recommandations des Agences de nutrition dans les pays industrialisés, à savoir : teneur en AGS < 33 %, ratio n-6/n-3 < 5 et teneur en C18 : 3, élevée.

Six matières grasses du Bassin du Congo remplissent ces conditions (Tab. 4); elles ont des morphogrammes similaires (Fig. 9).

Tableau 4

Matières grasses « conformes » aux recommandations des Agences de Nutrition. (Dubois et al., 2008)

thumbnail Fig. 9

Représentation radar-plots (morphogrammes) des matières grasses « idéales ».

4.2 Intérêt économique

Les matières grasses présentent un large éventail d’applications. Utilisées telles quelles ou après transformation (oléochimie) en alimentation, dans la santé, en cosmétique ou plus généralement dans l’industrie, les matières grasses tropicales constituent un enjeu économique de toute première importance. Dans l’industrie, par exemple, l’oléochimie se présente comme une alternative propre à la pétrochimie.

Certaines espèces du Bassin du Congo, telles que Irvingia ssp. et Dacryodes edulis, présentent des atouts indéniables, et rappellent la situation dans laquelle se trouvait le palmier à huile il y a moins d’un siècle.

Il existe deux espèces d’Irvingiatrès voisines commercialisées ensemble dans le Bassin du Congo et au Nigéria : Irvingia gabonensis et Irvingia wombulu, notées d’Irvingia spp. dans les rares données disponibles (Leakey et al., 2000 ; Silou et al., 2011). Au Cameroun, la commercialisation des produits d’Irvingia spp. avait été évaluée en 1995 à 111 000 kg pour une valeur de 125 000 000 F CFA, et en 1996 à 107 100 kg pour 147 000 000 F CFA (Ndoye, 1995).

Chez Dacryodes edulis, les estimations de la production par arbre adulte varie entre 100 et 223 kg avec une masse moyenne par fruit, pour les fruits le plus abondants sur le marché, de 30–50 g et un rendement d’extraction d’huile d’environ 20 % par rapport à la matière fraîche (Omoti et Okiy, 1987 ; Silou, 1996).

Le Cameroun constitue une plaque tournante dans les transactions au niveau sous-régional avec de volumes commercialisés de l’ordre de 2500 tonnes valant plus d’un milliard de F CFA, soit près de 20 % de la production nationale estimée à 10 000–16 000 tonnes (Awono, 2002 ; Isseri et Temple, 2002).

La commercialisation de Dacryodes edulis en Europe remonte vers les années 60. Destinée principalement aux ressortissants de certains pays du bassin du Congo, installés en Europe, cette ressource est essentiellement exportée par le Cameroun (200 tonnes), la République Démocratique du Congo (120 tonnes) et le Nigeria (6 tonnes). Ces quantités génèrent respectivement des chiffres d’affaires de 1 500 000 $US, 900 000 $US et 58 280 $US (Tabuna, 1999, 2000).

Par ailleurs, au Cameroun, la commercialisation de 27 661 kg représentant une valeur 34 773 400 FCFA de Ricinodendron heudelotii a été également signalée (Pousset, 1992).

De manière plus générale, l’huile de graines de Jatropha curcas a été, par le passé, utilisée pour la fabrication du savon; l’amande de Myrianthus arboreus donne l’huile la plus riche en acide linoléique connue (93,5 %) (Pousset, 1992); les graines de Moringa oleifera donnent une huile connue internationalement sous le nom « d’huile de Ben » utilisable en cosmétologie; les amandes de Carapa procera ont été exportées à certaines époques vers Marseille en France pour en tirer une huile à savon; l’huile de graines de Coula edulis est une des plus riches en acide oléique (88 %) (Pousset, 1992).

En absence de statistiques officielles, pour ces PFNL relevant de l’informel, ces données ponctuelles non représentatives du secteur, permettent de fixer les ordres de grandeurs des échanges (qui sont encore très modestes) et l’ampleur géographique du marché potentiel (qui est immense).

4.3 Intérêt académique

Des matières grasses particulièrement intéressantes ont été mises en évidence au cours de ce travail systématique.

L’huile de Allanblackia floribunda est intéressante par son extrême simplicité. Elle est formée à plus de 99 % de deux acides gras(S et O) qui conduisent à un seul type de triacylglycérol (SSO à 89 %). Ce TAG, une fois purifié, peut servir de standard en analyse chimique notamment en HPLC où le problème de standard mixte se pose avec acuité.

Myrianthus arboreus avec 93,5 % d’acide linoléique et Coula edulis avec 88 % d’acide oléique sont potentiellement des matières premières intéressantes en oléochimie.

Lagenaria siceraria avec près de 70 % de C18:2, comme Cucurbita pepo pourraient servir des modèles d’étude de la stabilité de cet acide gras dans les matières grasses végétales.

Le raffinage de l’huile est également un volet important, notamment avec les récents approfondissements de ses bases en chimique fine et en technologie (Deffense, 2009).

Cette liste est loin d’être exhaustive.

Les plantes oléagineuses du bassin du Congo, encore très faiblement explorées, recèlent de surprises en chimie verte, pour peu qu’on s’attèle à des études systématiques à l’échelle, au moins sous régionale.

Conclusion

Soixante dix sept espèces examinées ont été classées en fonction de leurs AG constitutifs, onze espèces sont riches en AGS (acides laurique (La), myristique (M), palmitique (P) et stéarique (S)), 5 en AGMI (acides palmitoïque, oléique (O) et arachidonique) et 13 en AGPI (acides linoléique (L) et linolénique (Ln)). La majorité des espèces se retrouve dans un groupes mixte constitué d’un AGS (acide palmitique), un AGMI (acide oléique) et d’un AGPI (acide linoléique) avec au moins 20 % de teneur individuelle pour chaque acide gras et 90 % de teneur en AG cumulée.

Le profil palmito-oléo-lionoléique est le plus fréquemment rencontré, suivi par le profil laurique-myristique rencontré dans la seule famille des Irvingiaceae. Les acides gras rencontrés en « solitaires » à au moins 60 % sont dans l’ordre décroissant d’importance : O > L > S > Rn.

Des morphogrammes construits sur la composition en acides gras ont été proposés en vue de caractériser les matières grasses étudiées.

Les deux acides gras saturés les plus abondants (La, M) conduisent à deux ou trois TAG largement majoritaires dans les graisses étudiées (LaLaLa, LaLaM, LaMM MMM). Les matières grasses de type POL admettent S et Ln en troisième et quatrième positions sur le profil des AG; ils conduisent à des compositions en TAG extrêmement variables allant du plus simple (1 TAG majoritaire : Alanblanckia floribunda) au plus complexe (une dizaine de TAG présents à des teneurs très significatives (> 5 %).

Des morphogrammes construits sur la composition en TAG pourraient également être utilisés pour diagnostiquer les secteurs d’utilisation des matières grasses du bassin du Congo.

Ces différentes représentations mettent en évidence une biodiversité relativement élevée des espèces oléagineuses du bassin du Congo; ces dernière peuvent trouver, de ce fait, des applications très variées dans l’alimentation, la santé, l’oléochimie. Des études fines par famille botanique permettront d’identifier d’une manière plus précise ces applications.

Remerciements

L’essentiel des travaux passés en revue dans cet article ont été réalisés par des chercheurs du Cameroun, du Congo, de la RD Congo, du Gabon et de la France depuis une dizaine d’années dans le cadre de leurs activités au sein du Pôle d’excellence régional (PER) en alimentation et nutrition (Faculté des Sciences et Techniques de Brazzaville) grâce à des financements des Universités partenaires (Ngaoundéré, Brazzaville, Kinshasa, Franceville, Orsay et Clermont Ferrand) et de la coopération internationale (Fondation Internationale pour la sciences, Agence Universitaire de la Francophonie, Union Européenne). Nous adressons nos sincères remerciements aux collègues et aux bailleurs de fonds pour avoir rendu possible la rédaction de cette mise au point.

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Cite this article as: Thomas Silou. Corps gras non conventionnels du Bassin du Congo : Caractérisation, biodiversité et qualité. OCL 2014, 21(2) D209.

Liste des tableaux

Tableau 1

Teneur en huile et composition en AG des corps gras du Bassin du Congo.

Tableau 2

Classification ascendante hiérarchique (2 classes).

Tableau 3

Niveau de complexité des profils TAG de quelques huiles et graisses.

Tableau 4

Matières grasses « conformes » aux recommandations des Agences de Nutrition. (Dubois et al., 2008)

Liste des figures

thumbnail Fig. 1

Variation croissante de la teneur en matière grasse des échantillons étudiés.

Dans le texte
thumbnail Fig. 2

Répartition(en %) des espèces étudiées en trois classes, selon leur teneur en matière grasse

Dans le texte
thumbnail Fig. 3

Teneurs en acide palmitique des matières grasses du Bassin du Congo.

Dans le texte
thumbnail Fig. 4

Teneur en acide oléique (C18:1 n-9) des matières grasses du Bassin du Congo.

Dans le texte
thumbnail Fig. 5

Teneur en acide linoléique (C18:2 n-6) des matières grasses étudées.

Dans le texte
thumbnail Fig. 6

Chromatogrammes HPLC avec DEDL (a), avec détecteur réfractométrique (b) de l’huile de la pulpe de Raphia laurentii.

Dans le texte
thumbnail Fig. 7

Chromatogrammes HPLC avec DEDL des huiles de la pulpe (a) et de la graine (b) de Dacryodes edulis.

Dans le texte
thumbnail Fig. 8

Représentation radar-plots (morphogrammes) caractéristiques de quelques matières grasses extraites des oléagineux du Bassin du Congo.

Dans le texte
thumbnail Fig. 9

Représentation radar-plots (morphogrammes) des matières grasses « idéales ».

Dans le texte

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